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Point Presse: Premier Plan National Antibiotiques (2018-2022)
02-06-2017

Vers le niveau supérieur

Premier Plan National Antibiotiques (2018-2022)

Fernand Etgen, Lydia Mutsch lors du point presse

La résistance aux antibiotiques est une des plus grandes menaces pour la santé publique en Europe et est imputable au mésusage de cette classe de médicaments. Un nombre croissant d’infections deviennent difficiles à traiter, les antibiotiques perdant leur efficacité.

La résistance aux antibiotiques entraîne une prolongation des hospitalisations, une augmentation des dépenses médicales et une hausse de la mortalité. Actuellement, l’Union Européenne enregistre plus de 25.000 décès par an, dus à des infections devenues résistantes à tous les antibiotiques.

« Nous sommes dans une situation d’urgence ! L’utilisation excessive et abusive de ces ‘médicaments miracles’ dans la médecine humaine et vétérinaire met en danger leur efficacité », a précisé la ministre de la Santé. « Il est d’autant plus important d’améliorer la sensibilisation et la compréhension au sujet de la résistance antimicrobienne ».

L’antibiorésistance est la capacité d’une bactérie à devenir résistante à une ou plusieurs sortes d’antibiotiques. Ce ne sont donc pas les humains ni les animaux qui deviennent résistants aux traitements antibiotiques, ce sont les bactéries qui le devenir.

L’augmentation des bactéries résistantes aux antibiotiques est en partie due à un usage répété et inapproprié d’antibiotiques chez l’homme ou l’animal.


Valérie Guérin, dr Félix Wildschütz, Fernand Etgen, Lydia Mutsch, Dr Jean-Claude Schmit

Approche ‘One-Health‘ dans la lutte contre les résistances aux antibiotiques

Puisque les humains et les animaux constituent des réservoirs de résistance qui se chevauchent, le gouvernement luxembourgeois a plaidé pour une approche ‘One-Health - une seule santé’ intégrée.

Suite aux efforts conjoints des ministères de la Santé et de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs, un Plan National Antibiotiques (2018-2022) est en cours d’élaboration depuis le début de l’année 2017. Dans la vision ‘One Health’, il vise à considérer les multiples dimensions en la matière – humains, vétérinaires et environnementaux - incluant l’ensemble des parties prenantes.

Comme l’ont souligné les ministres Lydia Mutsch et Fernand Etgen: « Il est essentiel que chacun contribue de son côté à apporter une solution à cette problématique en appliquant le principe d’une utilisation raisonnée des antibiotiques. »

L’objectif général du plan est de réduire l’émergence, le développement et la transmission des résistances aux antibiotiques au Luxembourg.

Ce plan d’action servira aussi de base pour une stratégie de communication dont le but sera de rendre attentif tous les acteurs (grand public, détenteurs d’animaux, professionnels de la santé humaine et vétérinaire ainsi que le milieu politique) à la problématique de l’antibiorésistance.

« Dans le but d’une utilisation raisonnée des antibiotiques en médecine vétérinaire au Luxembourg plusieurs actions seront à développer dans le futur, telles que l’établissement de statistiques fiables de l’utilisation effective des antibiotiques au niveau des élevages, la mise en place d’une biosécurité élevée au niveau des élevages ou encore le recours à des vaccins disponibles pour certaines pathologies en élevage animal », a précisé Fernand Etgen, ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs.

La finalisation du Plan National Antibiotiques est prévue pour fin 2017 par l’adoption par le Conseil de Gouvernement.

Le Luxembourg en voie d’amélioration

Si peu de guidance nationale n’a été mise en place jusqu’à présent, le Luxembourg s’engage cependant depuis de nombreuses années dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques sur le plan national, européen et international.

Sur le plan national, la Direction de la santé mène des campagnes de prévention sur le bon usage des antibiotiques (« Les antibiotiques ne sont pas des bonbons ! ») mais aussi sur l’hygiène des mains au sein des hôpitaux (« Propper Hänn, Sécher Hänn »).

En outre, les données de consommation d’antibiotiques en milieu ambulatoire et hospitalier sont analysées et publiées via un rapport de surveillance qui est mis à disposition du grand public.

Le Luxembourg note des progrès, même si des efforts restent à faire.

Ainsi, la consommation élevée d’antibiotiques en traitement ambulatoire a pu être réduite significativement les deux dernières années (7%). En outre, les campagnes d’information ont contribué à une meilleure compréhension du public face à cette question.

En parallèle, l’Administration des services vétérinaires travaille à l’élaboration d’une base de données regroupant les consommations d’antibiotiques pour les animaux d’élevage pour l’ensemble des exploitations au Luxembourg. En plus de la surveillance de la consommation d’antibiotiques, le laboratoire de médecine vétérinaire réalise régulièrement des analyses sur la présence d’antibiotiques et de germes résistants aux antibiotiques au niveau des animaux et dans les denrées alimentaires d’origine animale.

Au niveau législatif, en santé humaine il est interdit de vendre des antibiotiques sans ordonnance. En santé animale, les vétérinaires sont dans l’obligation de garder un registre des médicaments prescrits pour chacune des exploitations et un registre des médicaments est obligatoirement tenu au niveau de chaque exploitation. De plus, en accord avec la réglementation européenne, il est interdit d’utiliser des additifs antibiotiques à effet facteur de croissance dans les aliments pour animaux au Luxembourg depuis 2006.

Sur le plan européen, la Direction de la santé et les hôpitaux luxembourgeois participent à la journée européenne de lutte contre l’antibiorésistance mais aussi aux réseaux de surveillance de la consommation d’antibiotique (ESAC-net) et d’apparition des résistances (EARS-net) et au groupe de travail de la Commission Européenne traitant du sujet.

Le ministère de l’Agriculture participe au réseau européen de surveillance de la consommation d’antibiotiques dans le milieu vétérinaire (ESVAC-net) et au groupe de travail de la Commission Européenne traitant du sujet.

Le Grand-Duché participe également à tous les programmes de surveillance sous l’égide du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies infectieuses (ECDC), ainsi qu’aux réunions de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) et de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale).

Visite des experts ECDC et DG Santé (du 29 mai au 2 juin 2017)

Dans la continuité de l’élaboration du premier Plan National Antibiotiques, des experts du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et de la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de l’Union Européenne (DG Santé), accompagnés d’experts de différents pays européens nous ont fait l’honneur de venir au Luxembourg afin d’établir un état des lieux de la lutte contre la résistance aux antibiotiques.


Coordinateurs ECDC_DG Santé

La visite conjointe des deux institutions est une première en Europe.

Lors de cette visite, les experts de l’ECDC et les experts nationaux ont rencontré le Comité de Pilotage du Plan National Antibiotiques, les représentants nationaux chargés de la prévention, de la surveillance de la consommation d’antibiotiques et de l’antibiorésistance, les quatre établissements hospitaliers luxembourgeois, le laboratoire national de santé, les médecins généralistes, les pharmaciens et les pédiatres.

Les experts de la DG Santé et les experts nationaux vétérinaires ont eu des entrevues notamment avec le Comité de Pilotage du Plan National Antibiotiques, les autorités vétérinaires nationales, l’association des médecins vétérinaires du Grand-Duché de Luxembourg, les représentants des agriculteurs, les vétérinaires pour petits et grands animaux et ont pu visiter une ferme bovine, une ferme porcine, une laiterie, un grossiste en médicaments vétérinaires et le laboratoire de contrôle et d’essais de l’Administration des services techniques de l’agriculture.

Cette visite s’est clôturée par un débriefing auprès des autorités nationales et du Comité de Pilotage. Un rapport final sera communiqué aux deux ministères cet été.



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